MARTELI

‘BEST PRESIDENT SINCE DUMARSAIS ESTIME/LOVE HIM OR HATE’ YES OR NO?

Dumarsais Estime (1946 – 1950)Le 16 août 1946, après deux tours de scrutin, avec une majorité de 31 voix sur 58, le député des Verrettes, Léon Dumarsais Estimé, était élu président de la République d’Haïti pour un mandat de cinq ans. Rayonnant de satisfaction sous les applaudissements, le nouvel élu va prêter serment et prononcer un émouvant discours où, après avoir humblement reconnu que ses collègues avaient «choisi un homme qui ne se recommandait ni par l’éclat d’un grand nom, ni par le prestige d’une illustre naissance,» il proclame que «si bergers du troupeau, nous nous en constituons les loups, et si gardiens de la maison, nous nous faisons nous-mêmes les voleurs qui la brisent et la pillent, si rebelle au meilleur de nous-mêmes, nous manquons à nos engagements solennels, alors il sera temps […] de nous demander compte. […] Nous savons, ajoute-il, ce que valent les dictatures et les crimes à quoi elles poussent contre les vies, contre les courages, contre les consciences, centre les patries». Estimé n’oublia évidemment pas de remercier au passage le Comité exécutif militaire dont les membres, selon lui, venaient de donner «à tous, un exemple de désintéressement et d’esprit démocratique, qui ne sera pas oublié». En descendant de la tribune, le nouveau chef d’État, dans un élan émouvant, alla serrer la main du sénateur mulatre Max Hudicourt du PSP, lequel avait juré de démissionner si jamais Estimé parvenait à la présidence. Plus que toutes les proclamations solennelles, ce geste magnanime de l’homme des Verrettes révélait dans quel esprit de réconciliation et d’apaisement il entendait inaugurer son mandat.
Pour le peuple cependant, l’élection de Dumarsais Estimé à la présidence représentait une escroquerie, un attentat à la démocratie, une horrible forfaiture qu’il accueillit avec des sentiments non dissimulés de surprise et de consternation. Dans les rues de Port-au-Prince, sans applaudir une seule fois le nouveau chef d’État, les badauds regarderont passer le cortège présidentiel dans un pesant silence de protestation, alors que les Capois, pour marquer leur déception, habillaient leurs lampadaires de brassards de deuil. Pourtant, avant la fin de son mandat, Dumarsais Estimé sera devenu l’un des dirigeants politiques les plus populaires que le pays eût jamais connu et son administration considérée comme rêve des plus imaginatives et des plus progressistes du siècle. BY HAITIWEB.COM

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